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Chapitre 4

  — Belial ! Belial… pourquoi tu lui obéis encore ? Tu n’es pas son fils… pourquoi, Belial ? Pourquoi ?

  Il se réveilla en sursaut. Son c?ur battait beaucoup trop vite.

  — Je n’arrive pas à le chasser de mon esprit… c’est comme si je sombrais dans la folie.

  Comme à son habitude, la cave était sombre et silencieuse. Il se redressa légèrement. Sa tête tournait encore, et les images de la Chambre 12 refaisaient surface par fragments : le miroir, la voix… la cave qui semblait se replier sur elle-même.

  Il attrapa sa tête, désespéré.

  Pendant ce temps, dans une pièce sans fenêtre, entourée de murs nus striés de cables et de conduits, une lumière blanche baignait l’espace d’une froideur clinique.

  Caleb se tenait seul au centre de la pièce.

  Devant lui reposait une énorme bache qu’il caressait presque tendrement.

  — Enfin… nous y sommes. Après des lustres.

  Il retira la bache.

  Dessous apparaissait une chaise verticale en métal, soudée au sol. Autour d’elle, quatre pyl?nes fins disposés en cercle, reliés par des cables organiques dont la lueur pulsait faiblement. à l’arrière, une cuve cylindrique maintenait le Luminéen dans un liquide légèrement lumineux.

  Le tout était contr?lé par trois boutons, un cadran analogique et un voyant rouge.

  Caleb s’approcha de la cuve. à l’intérieur flottait la larve.

  Il posa calmement sa main sur le verre.

  — Salut, petit Luminéen… comment vas-tu ?

  …

  — Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Ce jour marque le début de ma domination sur l’espèce humaine.

  Il sourit légèrement.

  — Ils ont cru que la Zone Grise pouvait mettre un terme à mon projet… mais ils se sont trompés. Loin de constituer un obstacle, elle m’a permis d’affiner mon hypothèse… en intégrant la complexité du réel.

  …

  — Tu es plut?t réservé. Belial te correspond parfaitement.

  Il tourna la tête vers la sortie.

  — En parlant de lui… je reviens.

  Caleb enfila sa blouse et son masque, puis quitta la pièce d’un pas assuré.

  Pendant ce temps, Belial était là, silencieux dans sa cage, perdu dans ses pensées.

  — Je suis obligé de lui obéir… malheureusement. Il a littéralement mon destin entre ses mains.

  Belial se recroquevilla dans un coin. Ses genoux contre sa poitrine, ses bras entourant ses jambes, il fixait ses doigts sales.

  — Rester… ou potentiellement crever.

  Il soupira.

  — La dernière fois que j’ai voulu partir, quelqu’un a disparu…

  Il réfléchit un instant.

  — En y pensant… il devient quoi, oncle Savanovic ?

  Il secoua la tête.

  — Bon… bref.

  Le grincement de la porte interrompit ses pensées.

  — Oh… c’est l’heure.

  Caleb s’approcha, l’air étrangement joyeux.

  — Bonjour, mon petit Belial.

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  — Bonjour…

  — Est-ce que j’ai encore besoin de t’expliquer ma venue ?

  — Non…

  — Parfait. J’espère que tu as bien dormi. Et j’espère que l’appareil n’a pas fait trop de dégats dans ta petite coquille.

  Il ouvrit la cage et s’avan?a… mais resta légèrement en arrière, l’observant attentivement.

  — Hier, je t’ai posé une question. Alors j’exige une réponse, d’accord ?

  — Oula… on dirait que quelqu’un s’est levé du pied gauche.

  — Arrête avec l’ironie. Je suis sérieux.

  Ils se fixèrent.

  L’un avait un regard rempli de colère.

  L’autre un sourire moqueur.

  — Je vais répondre à ta question… mais à condition que ?a en vaille la peine. Tu sais bien ce qui me ferait plaisir.

  Belial hésita.

  — D’accord… mais après cette expérience, plus de secrets. Je veux tout savoir.

  Il inspira.

  — Et comme je te l’ai dit il y a quelques jours, j’attends aussi que tu me traites mieux.

  Puis il le fixa droit dans les yeux.

  — Et si tu penses que je vais mourir… tu te trompes. Je ne mourrai pas tant que je n’aurai pas quitté cette maison.

  Il se leva.

  — Je t’attends en haut.

  Il passa devant Caleb d’un pas déterminé.

  Caleb le regarda partir.

  — Ce petit prend trop la confiance… On verra s’il fait encore le malin après avoir vu ce qui l’attend.

  Au fur et à mesure qu’il gravissait les marches, l’angoisse déformait peu à peu les traits de Belial.

  — Qu’est-ce qui m’a pris de le mettre au défi… ? Je risque d’y périr…

  Caleb le suivait, observant chacun de ses pas avec un sourire presque amusé.

  Une fois en haut, il s’arrêta net derrière lui.

  — Suis-moi.

  — Où allons-nous ?

  — Arrête de toujours poser des questions. Tu commences à m’agacer.

  Ils avancèrent dans le couloir obscur.

  Dehors, la pluie battait violemment contre les murs de la maison. L’orage faisait gronder les fenêtres dans leurs cadres.

  Ils s’arrêtèrent devant une porte verrouillée par un dermascan.

  Une odeur étrange flottait devant l’entrée. Un mélange d’éthanol, de latex… et de café refroidi.

  Belial se sentit mal à l’aise.

  Pas seulement à cause de l’odeur.

  Cette porte lui rappelait un souvenir.

  Un souvenir étrange.

  Caleb posa sa main sur le dermascan.

  La porte se déverrouilla dans un déclic sec.

  Une lumière blanche jaillit de la pièce.

  Caleb se tourna vers lui et remarqua son malaise.

  — Quelque chose te perturbe, mon cher ?

  — Non… mais… cette pièce me rappelle un souvenir lointain.

  — Ah oui ? Et je peux savoir lequel ?

  Belial hésita.

  — Ce jour-là… en sortant de la cuisine après avoir bu un verre d’eau… je t’ai vu entrer dans cette pièce avec oncle Savanovic.

  Il leva les yeux vers lui.

  — Et comme par hasard… je ne l’ai plus jamais revu.

  Caleb haussa légèrement les épaules.

  — Ah… ?a. Ne t’en fais pas pour lui. Lui et moi avons eu quelques différends.

  — Lesquels, hein ? Lui et toi étiez si proches.

  Sa voix trembla légèrement.

  — C’est vraiment dommage qu’il ne vienne plus… il me manque.

  Caleb se rapprocha lentement.

  — Tu sais, Belial… j’ai horreur de deux types d’individus dans la vie.

  Il leva un doigt.

  — Ceux qui se mêlent trop de mes affaires.

  Un second doigt.

  — Et ceux qui veulent opposer mes idéologies.

  Puis il sourit froidement.

  — Mention honorable également à ceux qui ne m’écoutent pas quand je parle… ainsi qu’aux capitalistes.

  Il marqua une pause.

  — Savanovic était les quatre.

  Un silence pesant tomba dans la pièce.

  La pluie frappait les carreaux avec violence.

  Leurs regards se croisèrent.

  Celui de Caleb était noir et mena?ant.

  Celui de Belial rempli de peur.

  Belial avala difficilement sa salive.

  — J’ai une dernière question…

  — Non.

  Caleb ouvrit la porte.

  — On peut s’en passer.

  Ils entrèrent dans la pièce sans un mot.

  Puis Caleb referma la porte derrière eux.

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